Chaque année, la lagune Ébrié reçoit un visiteur indésirable et toxique : près de 200 000 tonnes de déchets plastiques. À Abidjan, métropole en pleine effervescence, le plastique est partout — dans nos rues, nos caniveaux et nos assiettes. Mais derrière ce fléau se cache une opportunité inexploitée que Calao Green a décidé de saisir.
La production de déchets plastiques à Abidjan donne le vertige. Selon les dernières estimations, la capitale économique produit environ 280 tonnes de déchets plastiques par jour, dont à peine 5 % sont officiellement recyclés. Le reste ? Il finit enfoui, brûlé à ciel ouvert ou emporté par les pluies vers l’océan, aggravant les inondations en bouchant les systèmes de drainage.
Pourtant, cette « pollution » est en réalité une mine d’or à ciel ouvert. Dans une économie linéaire classique, ce plastique est un déchet final. Dans l’économie circulaire que nous bâtissons, c’est une matière première secondaire.
C’est ici qu’intervient la vision industrielle : transformer ce péril en granulés. Ce n’est pas simplement du nettoyage, c’est de la réindustrialisation. En captant ces volumes avant qu’ils n’atteignent la lagune, nous ne sauvons pas seulement la biodiversité ; nous fournissons à l’industrie ivoirienne une matière locale, moins chère que l’importation de polymères vierges.
Le plastique ne disparaîtra pas demain. Mais notre façon de le gérer peut changer aujourd’hui. Transformer le problème en ressource, c’est le pari de l’avenir pour la Côte d’Ivoire.
